Je participe à un atelier d'écriture depuis le mois septembre. Je publie pour la première fois un exercice qui a suscité beaucoup d'inspiration pour moi et proposé par Claude, notre animatrice (MERCI pour ce doux moment). Le thème en est l'enfance. Ô combien ce mot fait partie de ma vie. La consigne: S'inspirer librement de photos proposées. Et...

"Rémy écoutant la mer"

Edouard BOUBAT 1955

Boubat10

« Je porte le coquillage à mon oreille et j'écoute. Je m’appelle Rémy, j’ai six ans. Je suis comme on dit un « titi parisien ». Chaque été je m’en vais avec Aurélie ma grande sœur, papa et maman à la mer chez mes grands parents. Nous partons dans le « sud de la France » comme disent les grands ! Je crois, non je suis sur que c’est les moments que je préfère. La bas je fais tout ce qui n’existe pas à Paris. Je vis des trucs pas pareils. C’est génial !

Je m’amuse toutes les après midis sur la plage, je me jette dans les vagues sous le regard de mon papa.  Il essaie de m’apprendre à nager, mais moi je ne pense qu’a jouer. Je fais des châteaux de sables, je rencontre des copains, j’ai même cet été trouvé une amoureuse : Solange. Qu’elle est belle avec ses longs cheveux tout noirs et ses deux petits creux dans les joues. Les parents rigolent car ils disent que lorsqu’elle me parle je suis tout rouge. C’est même pas vrai ! Enfin si quand même.

Papi me prend avec lui sur le bateau, et nous faisons des promenades. Souvent nous péchons tous les deux. Mamie m’amène au marché et je vois, et je sens, et je touche, et parfois je m’éloigne et elle me gronde. Alors je mets ma main dans la sienne et tout s’arrange.

Le soir je peux rester tard dehors pendant que les grands discutent, et écouter la mer qui danse, les cigales qui chantent. Je fais des cabanes dans le jardin et je regarde la lune. Cette année Aurélie m’apprend même à me servir de mon super cadeau d’anniversaire : un cerf volant orange.

Mais quand il faut repartir pour revenir à Paris et reprendre l’école je suis triste, je pleure beaucoup. Pour me consoler Papi a trouvé un matin un énorme coquillage. Il m’a dit « Rémy quand tu auras de la peine porte ce coquillage à ton oreille et écoute »…

Alors tous les soirs avant d’aller me coucher, je prends le coquillage et j’écoute. Je suis à nouveau dans le « sud de la France » et je me souviens de tous les instants. Je suis heureux, je souris en espérant que l’été reviendra vite. »

***********

"Le cadran scolaire"

Robert Doisneau 1956

 Le%20cadran%20scolaire,%201956,%20Doisneau

                                                                                                                              

« Mais c’est quand qu’elle sonne la cloche ? Il est gentil Monsieur Nicolas, c’est un maître qui m’apprend pleins de choses, c’est chouette. Mais là, moi, tout ce que je veux c’est rentrer à la maison.

Je sais déjà que quand je vais arriver, je jetterai mon cartable dans l’entrée. Maman m’attendra avec mon gouter préféré : une tranche de pain beurré avec beaucoup de chocolat en poudre. J’en mettrai partout, mais que c’est bon ! Maman me dira souriante « Mais enfin Jules mange moins vite, tu as le temps ». « Le temps, non je l’ai pas. J’ai envie de rejoindre Robert et Marius pour m’amuser ». Maman en haussant les sourcils me fera remarquer « Et tes devoirs ? ». « Mais demain c’est jeudi, j’aurai tout le temps de les faire. O s’il te plait maman laisse moi sortir jouer ». Elle cèdera car je sais bien me débrouiller avec elle, je suis malin, et on me dit toujours que je suis coquin ! Alors je lui déposerai un bisou chocolaté sur la joue et en claquant la porte je l’entendrai au loin prononcer son traditionnel « Jules tu ne rentres pas tard ! ».

Je suis déjà loin. A moi mon vélo pour retrouver mes supers copains. Ensemble on invente des jeux trop bien. On cherche des trésors. On construit nos voitures. Ah, ça on est de sacrés bricoleurs. Plus tard je serai mécanicien. Ca me plait de monter et démonter. J’adore regarder trafiquer tonton Jeannot le dimanche sur sa vieille « Ami 6 ». Et puis aussi avec Robert et Marius on est les champions aux billes. A l’école on gagne tout le monde. Alors quand on se retrouve le soir on aime bien les compter, les regarder, faire des échanges. Ah ce que j’aime ça !

« JULES ! ». Aie, c’est Monsieur Nicolas qui me ramène à la réalité. Ben oui, je rêve, je rêve et je n’écoute rien à ce qu’il dit. Mais bon sang c’est Quand qu’elle sonne la cloche ? »